L’incontinence

En vieillissant, la vessie est moins élastique et se contracte moins bien. Elle contient moins bien mais se vide également moins bien ce qui multiplie les risques d’infection et les envies d’uriner. Une situation qui peut vite devenir ingérable pour la famille. Dans notre résidence médicalisée, les personnes âgées dépendantes concernées par l’incontinence sont prises en charge par des professionnels comme le médecin gériatre qui peut le diriger vers un urologue, plus spécialisé pour traiter de l’incontinence et des éventuelles infections afférentes. Et, avec l’aide de notre médecin réadaptateur, nous adaptons l’environnement de nos patients à leur pathologie.

Qu’est-ce que l’incontinence ?

L’incontinence urinaire se caractérise par des fuites urinaires non contrôlées et concerne plus de 4 millions de français, majoritairement des personnes âgées. Cette situation est souvent vécue douloureurement par les patients et leurs proches. L’incontinence peut avoir plusieurs causes : problèmes de mobilité, déclin cognitif, prise de certains médicaments, diabète, problèmes de vessie, sclérose en plaque.

La fréquence et le volume des pertes urinaires permettent de définir le type d’incontinence du patient. Il existe 5 catégories d’incontinence :

  • L’incontinence urinaire d’effort (fuite involontaire liée à un effort physique : éternuement, toux, rire, …)
  • L’incontinence par regorgement (plus fréquente chez l’homme, souvent liée à l’augmentation de la prostate)
  • L’incontinence par impériosité (hyperactivité de la vessie
  • L’incontinence fonctionnelle (liée à des troubles cognitifs et des problèmes de mobilité)
  • L’incontinence urinaire mixte (associant plusieurs types d’incontinence)

Comment gérer l’incontinence au quotidien ?

Souvent taboue, l’incontinence peut engendrer chez le patient des conduites d’évitement, voire d’isolement social. Il peut ressentir de la honte et de la culpabilité. Il est donc important d’adopter des conduites permettant de mieux gérer son incontinence et de mieux la vivre au quotidien.

Dédramatiser

En expliquant au patient que ce trouble est très courant et peut concerner tout le monde, cela lui permettra de s’exprimer plus librement et de contribuer à faciliter le diagnostic afin de l’accompagner vers des solutions adaptées, comme des protections urinaires. Mais évitez d’employer le terme de « couche » qui peut avoir une connotation dégradante renvoyant à la petite enfance ou à la sénilité, et utilisez plutôt le terme de protection urinaire.

Accès facilité aux toilettes

Les toilettes doivent être facilement accessibles, notamment la nuit en dégageant les couloirs, en éclairant l’accès aux cabinets et en plaçant une poubelle à proximité pour y jeter les protections urinaires usagées.

Boire suffisamment d’eau

Contrairement aux idées reçues, boire moins ne diminue pas l’incontinence. Non seulement, vous vous déhydratez mais une consommation trop faible favorise la prolifération de bactéries, responsables des infections urinaires.

Recourir à des protections hygiéniques

Différents types de protections existent pour améliorer le confort des personnes âgées atteintes d’incontinence.

Comment choisir sa protection incontinence ?

Il existe de nombreuses protections féminines et masculines qui vont de la simple garniture au change complet, elle dépendent du type d’incontinence du patient et de son degré d’autonomie.

Les critères liés à prendre en compte dans le choix d’une protection :

  • Le sexe du patient
  • Sa morphologie
  • Son niveau d’autonomie
  • La fréquence des fuites urinaires
  • Le volume des pertes urinaires

Pour les fuites légères (quelques gouttes, principalement durant l’effort), les protections anatomiques offrent une excellente protection et un confort optimal. Il existe des protections spécifiques pour femmes et des coquilles adaptées à l'anatomie masculine.

Pour les fuites modérées (volume plus important ou fuites en continu sous forme de jets), il est préférable d’utiliser des sous-vêtements absorbants, confortables et efficaces.

Pour des fuites plus importantes (souvent brutales et d’un volume supérieur à 200 ml), il existe des sous-vêtements super-absorbants mieux adaptés et tout aussi confortables.

Pour les personnes partiellement autonomes, c’est-à-dire qui peuvent se mouvoir et se rendre seules aux toilettes, le choix de la protection dépendra du type d’incontinence (fréquence et volume). Elles pourront alors opter pour des sous-vêtements absorbants ou un change complet.

Pour les personnes totalement dépendantes, l’incontinence est bien souvent liée à des problèmes cognitifs en plus des problèmes classiques de tonicité musculaire et de mobilité. Dans ce cas, il s’agit d’une incontinence mixte et sévère qui nécessite des changes complets offrant les plus grandes capacités d’absorption.

Quels traitements pour l’incontinence en maison médicalisée

Lorsque l’incontinence est telle qu’elle réduit l’autonomie de la personne qui en est atteinte et que le maintien à domicile n’est plus possible, une prise en charge dans une maison médicalisée peut s’avérer nécéssaire. Nos résidences services proposent plusieurs types de traitement suivant le profil du patient. Les soins réalisés par notre équipe soignante sont placés sous le contrôle d’un médecin coordinateur.

La rééducation périnéale

Principalement utilisée pour les incontinences d’effort, mais aussi les incontinences par impériosité et les incontinences mixtes, elle est pratiquée par un kinésithérapeute et permet de renforcer les muscles du périnée.

Les traitements médicamenteux

Les anticholinergiques peuvent être indiqués en cas d’incontinence par impériosité, ils agissent sur la contraction du muscle de la vessie.

Ches les hommes atteints d’hypertrophie bénigne de la prostate, les alphabloquants agissent sur le tonus musculaire et luttent contre les contractions responsables de l’obstacle urinaire.

Enfin, des traitements hormonaux peuvent être prescrits aux femmes afin de lutter contre l’atrophie vulvaire et urétrale.

La chirurgie

En cas d’hospitalisation nécessaire, Carthagea a signé des conventions avec des cliniques privées afin de prendre en charge rapidement les résidents.

L’indication d’un traitement chirurgical dépend de la qualité des tissus du patient. Il s’agit principalement de placer des bandelettes sous-urétrales ainsi que des ballons ajustables permettant de comprimer l’urètre.

En cas de déficience des fonctions d’ouverture et de fermeture du sphincter, la mise en place d’un sphincter artificiel peut être envisagé.

Les palliatifs

Utilisés de manière ponctuelle en attendant l’efficacité d’un traitement curatif, ou de manière plus durable si aucune aucune autre solution n’est possible, les palliatifs absorbants permettent d’améliorer le confort et la qualité de vie des patients.

La sonde urinaire ne sera utilisée qu’en dernier recours.

Alors si vous êtes convaincus !